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LES ILES - performance sonore, Lorette Vuillemard et Maud Lucien

  • Photo du rédacteur: Maud Lucien
    Maud Lucien
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Sonder l’Espace de la salle de bal de Bataville de nuit, à l’affût de la rencontre, de l’écho des lieux passé-présent. 




« … Cette capacité peu commune de muer en terrain de jeu le pire désert … »

 Michel Leiris, Préface à Soleil bas de Georges LIMBOUR


« …Nulle personne sensée de mémoire de riverain, n’avait jamais conçu l’idée fausse d’aller chercher quoi que ce fut dans ces iles. C’était la chose la plus inutilisable du monde, une rêverie stérile du soleil sur les sables, une réverbération sans but. Elles se suivaient comme des ossements blanchis sur la route des caravanes. On ne pouvait y accéder qu’a la nage, ou en faisant des kilomètres par l’autre rive. Un bac, parfois, facilitait le passage, on se demandait pour quel parieur désespéré…  »


 « … Ces Iles, on les voyait à l’autre bout de la ville, du haut des remparts du collège, et il n’y eu jamais rien de si plat, de si nu, de si blanc, de si aveuglant, de si infécond, de si désolé, si ce n’est le fond d’une assiette du collège Parmentier. Mais la distance et notre bonne volonté se conjuguaient pour en tirer merveille, et c’est par elles que tout à commencé…  »

Alexandre Vialatte, Les fruits du Congo…

Enregistrement repère 1 :


PROTOCOLE DE LA PERFORMANCE

 1

Ici, les fenêtres servent un pouvoir réflexif, de par leur dimension et proportion. De jour, elles sont grandes ouvertes sur la forêt mais la nuit, l’extérieur  est  raccourci, éclairé à peine par l’intérieur du bâtiment. Tentation d’être dans une posture d’écoute introspective… Je reviens sur mes  Élucubrations, émises lors de ma première visite du site de Bataville (57) au sein du groupe ARC MICROCLIMATS de l'ESAL.  Cette nuit je reviens pour explorer la salle de bal, à la lumière d’une lampe frontale. À l’affût de la « reine du labyrinthe… Fantomatique_fantasmatique ?

 

2

J’envisage la contrebasse de Lorette comme un outil pour sonder l'Espace , l' instrument qu’elle anime et qui l’anime. Cette outil  permettra de  sonder  le lieu, ses conditions atmosphériques singulières. lIl y a pour moi ce pic de la contrebasse, comme un compas qui pique à différents endroits, pour écouter comment « ça » se comporte. Peut être à contre courant de ce qui pourrait paraître rationnel, je suis à l’affût, tentant de mémoriser, capturer, ébaucher, esquisser une cartographie.


S’agit il d’un rituel d’appropriation, de compréhension de moi, des lieux ? J’ai l’idée de poser quelques repères dans l’espace. Des points d’évènements  d’accidents, des stations… Si les éléments sont réunis. L’inattendu adviendra…


Le fait que je paraisse faire n’importe quoi ne nous autorise pas à conclure qu’il s’agirait d’une pure activité ludique et que je ne serais pas, précisément par mon jeu, en train de constituer des règles. L’absence de règles, explicites, reconnues n’implique pas l’absence de toute règle, même si celles ci échappent à l’observateur et au joueur.

 

3

The shoes box concert-hall,

La salle de Bal de Bataville, est conçue sur le pur principe d’efficacité de l’architecture Bata ! C’est  une « boîtes à chaussures » de belle dimension, avec parquet, sans balcon. On pourrait la comparer à une salle de bain agrandie, pourvue de larges piliers qui permettent de casser les effets néfastes des murs lisses, parallèles, et des larges fenêtres. Depuis le centre de la scène, la définition et l’intelligibilité de la parole est d’excellente qualité.


Au départ de la scène, le son produit par la contrebasse se propage dans tout l’espace de manière homogène.


Enregistré à Bataville dans la nuit du 16 au 17 Novembre 2012

Capture sonore : Maud Lucien

Contrebasse : Lorette Vuillemard



 




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