Les 4 préceptes de base de la Méthode, René Descartes (1637)
- Les noix

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En Occident, depuis le XVIIème siècle, on peut définir la science - pardon, la Science - comme l’ensemble des connaissances obtenues par démarche(s) scientifique(s). Les principes fondateurs des dites démarches ont été énoncés par René Descartes, mathématicien, physicien et philosophe français du XVIIè siècle dans son « Discours de la Méthode » publié en 1637.
Pour vous la faire courte :
À l’époque - et, hélas, encore pas mal dans l’esprit de nos contemporains français -, les sciences se réduisaient aux disciplines « dures » (correspondant à celles des facs de « Sciences et Technologies » actuelles, quoi), mais le fait de définir la science par la « Méthode » - et non la discipline - a permis aux sciences dites « humaines » d’émerger.
Autrement dit : quelque soit leur objet, les études obéissant au mieux et sincèrement (voir le 1er principe) à ces préceptes sont scientifiques. Point.
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![Page de garde du Discours de la Méthode, pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les Sciences […], René Descartes, édition de 1668](https://static.wixstatic.com/media/dff276_0744b55d8a174614a5698eaa001cedbe~mv2.jpg/v1/fill/w_908,h_1244,al_c,q_85,enc_avif,quality_auto/dff276_0744b55d8a174614a5698eaa001cedbe~mv2.jpg)
Voici les 4 préceptes scientifiques de base tels qu’énoncés par Descartes en 1637 dans « Principales règles de la Méthode », 2ème partie du Discours de la Méthode, pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les Sciences.
(Coup de pot pour nous : le français du XVIIème siècle est encore très compréhensible au XXIème. :-))
[…] au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j'aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer.
Douter de tout jusqu’à atteindre l’intime conviction de la vérité
Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle; c'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.
Résoudre un problème en le divisant en sous-problèmes (et recommencer, au besoin)
Le second, de diviser chacune des difficultés que j'examinerais, en autant de parcelles qu'il se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieux résoudre.
Résoudre le plus facile pour finir par établir le plus complexe
Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés jusqu'à la connaissance des plus composés, et supposant même de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.
Être exhaustif
Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre.

Noisette : Remarquons que l’exhaustivité est impossible dans l’établissement de très nombreuses connaissances pourtant reconnues comme scientifiques. Notamment, toutes celles obtenues par démarches expérimentales.
Par exemple, on ne peut pas établir avec exhaustivité que « Les oranges contiennent de la vitamine C » puisqu’on devrait étudier toutes les oranges, y compris dans le passé et dans l’avenir, pour être véritablement exhaustifs.
Pire, on sait (par expérimentation) que certaines oranges ne contiennent pas de vitamine C (ainsi en est-il très probablement pour celles qui traînent dans votre frigo depuis 3 semaines).
L’affirmation « Les oranges contiennent de la vitamine C » n’est donc pas une vérité absolue.
Mais, tout de même, il est quasi sûr que des oranges mûres qui viennent d’être cueillies contiennent de la vitamine C, parce que les multiples analyses par électrophorèse capillaire (il y a d’autres façons de détecter les vitamines dans un fruit mais j’adore le nom de cette méthode-ci) ont toutes obtenues un résultat positifs.C’est pourquoi, par consensus des biochimistes actuels, on considère que « normalement, les oranges contiennent de la vitamine C » est bien un fait scientifique
En d’autres termes, Descartes pose les principes rationalistes qui fondent la Science, mais dans la pratique ce n’est vraiment pas de la tarte de passer rigoureusement d’un fait avéré à une généralité digne d’être qualifiée de « scientifique ». Et là, c’est le premier principe, « l’intime conviction », qui prend tout son sens : ne s’arrêter de douter et d’être méthodique que quand on est intimement convaincu de la justesse de ce qu’on affirme. (Ce n’est pas encore ça question établissement de la vérité absolue dont rêvait Descartes, mais ça fait tout de même bien avancer le schmilblick).
Et vous, dans vos propres domaines d'intérêt, à quel point vos démarches de recherche de connaissances sont-elles scientifiques ?
(Bien plus que vous ne l’imaginiez, je parie !)
En savoir plus sur René Descartes
• Sa tête :

• Cogito ergo sum, ça vous dit quelque chose ? Eh bien, c’est aussi Descartes, le type qui pense qu’il est parce qu’il pense.
• Sa bio :
Le Net est plein de ses biographies. (e.g. https://fr.wikipedia.org/wiki/René_Descartes)
• L’intégrale du Discours de la Méthode est par exemple téléchargeable sur :https://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Discours-de-la-méthode.pdf
![Discours de la Méthode […], René Descartes, édition de 1668](https://static.wixstatic.com/media/dff276_e3edf4cf36b2419c9c7e567dcfe4dd8d~mv2.jpg/v1/fill/w_484,h_1232,al_c,q_85,enc_avif,quality_auto/dff276_e3edf4cf36b2419c9c7e567dcfe4dd8d~mv2.jpg)
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Références et crédits
Contribution de : René Descartes et Macada
Images :
• Portrait de René Descartes (1596-1650) par Frans Hals (1649-1700), photo par Dedden (domaine public)
• Livre et page de garde du Discours de la Méthode, pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les Sciences […], édition de 1668


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